Articlé tiré du site tpe-pme.com et rédigé par Valérie Talmon,
Ces chiffres étaient attendus avec une certaine impatience. Car ils permettent d’avoir une vision plus claire du phénomène auto-entrepreneur. Si ce nouveau statut a remporté un succès indéniable, leurs chiffres d’affaires démontrent que l’activité ne suit pas forcément.
En effet, selon les données publiées par l’Urssaf, pour les premiers auto-entrepreneurs déclarants, le chiffre d’affaires représente 4 700 euros en moyenne pour le 1er trimestre.
Parmi les quelque 70 000 inscrits à fin mars, 29 800 ont déclaré un chiffre d’affaires entre la date de leur immatriculation et fin juin, soit 42,6 %. Ainsi, seuls 4 auto-entrepreneurs sur 10 ont finalement déclaré une activité.
Au total, les encaissements se sont élevés à 180 millions d’euros. Ces résultats montrent aussi une montée en puissance : 54 millions d’euros ont été déclarés au titre du premier trimestre, puis 126 millions d’euros au titre du deuxième trimestre. Sur l’ensemble du semestre, l’activité des auto-entrepreneurs a généré 31 millions d’euros de cotisations sociales.
Selon l’Union des Auto-Entrepreneurs, « 4 700 euros par trimestre équivaudront vraisemblablement à près de 20 000 euros par an. Quel salarié, étudiant ou retraité souhaitant compléter son activité, refuserait ce supplément de revenu, fruit de son initiative ? De même, dans cette période difficile, quel chômeur, bénéficiaire du RSA ou jeune sans emplois, refuserait une telle opportunité ? »
Certes. Mais il reste une réalité : un tel chiffre d’affaires montre que les activités créées sous ce statut sont en majorité des activités d’appoint et non une activité principale.
De son côté, François Hurel, « père » de ce dispositif, s’enthousiasme : « Cette montée en puissance est encourageante » et rappelle que « chaque entreprise croît à sa vitesse. Il en est de même pour les auto-entrepreneurs. Les interprétations sur ce nouveau régime doivent prendre en compte ces éléments. »
Bien évidemment, avant de jeter bébé avec l’eau du bain, rappelons que ce bilan n’est qu’une « photographie » de 6 mois d’activité. Et qu’un bilan classique d’entreprise se fait au bout d’un an. Encore un peu de patience, donc.

Effectif depuis le 1er janvier, ce statut simplifié, créé par Hervé Novelli, connaît un franc succès. Les inscription concernant les activités de services sont encore limitées.